Jérôme Vigand et Caroline Vassal

GAEC du Bignat

Lanuéjols se niche dans la Vallée du Valdonnez, adossée au Causse de Mende. Le Mausolée gallo-romain rappelle un passé glorieux. Aujourd’hui, c’est une commune dynamique avec quelques belles exploitations agricoles.

Entre causse et vallée

C’est en haut du village, sur la pente du Causse, en surplomb de la vallée, que se situe la ferme de Jérôme et Caroline. C’est une ferme familiale sur laquelle, Guy, le père de Jérôme faisait du lait de vache pour fournir l’hôpital de Mende et la laiterie. En 1973, il construit une bergerie pour élever des moutons de race BMC (Blanche du Massif Central) plus aptes à pâturer les nombreuses landes.

Ayant été déjà producteur de lait de qualité avec les vaches, c’est assez naturellement qu’il débute un troupeau de brebis Lacaune pour fournir du lait à Roquefort. En 1992 Jérôme s’installe en GAEC avec son père. Mais parallèlement, la même année, Caroline s’installe sur quelques hectares de l’exploitation. C’est elle qui, pour dégager un revenu, démarre la fabrication des fromages. En 1998, Caroline intègre le GAEC pour faire un GAEC à trois jusqu’à la retraite de Guy en 2002. Depuis, c’est Jérôme et Caroline, toujours en GAEC, qui font vivre l’exploitation dans laquelle les Lacaune ont remplacé définitivement les BMC pour produire du lait, en partie toujours livré à Roquefort et en partie transformé en fromage. Aujourd’hui, c’est un beau troupeau sélectionné de 700 brebis qui occupe les anciens bâtiments et la nouvelle bergerie construite en 2000, où se fait maintenant la traite. La production s’étale sur toute l’année, compliquant un peu la conduite du troupeau, car il faut fournir du lait à Roquefort de février à fin août et approvisionner en fromage pendant les 12 mois avec une demande plus forte en été.

Producteur Coeur Lozère

Laurent Augier • Vache48

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Une belle rencontre

Pour Jérôme, l’histoire est simple. C’est, avec des études agricoles à Marvejols, la continuité sur l’exploitation familiale qui s’impose naturellement. Pour Caroline, marseillaise, il a fallu un peu plus de hasard pour en faire une fermière à Lanuéjols. C’est sa grand-mère qui, jeune maman, comme beaucoup de marseillais pendant la guerre, était venue se réfugier, avec ses enfants, en Lozère pour pallier aux pénuries et bombardements de la ville. Conquise par Lanuéjols et l’accueil de ses habitants, elle a acheté, plus tard, une petite maison de vacances au hameau voisin de Vitrolles. C’est ainsi que Caroline y est venue régulièrement en vacances et y a fait la rencontre de Jérôme. Elle aussi conquise par le pays et un de ses habitants, sitôt le BTS Tourisme obtenu, elle a décidé de rester et s’est lancée dans une formation agricole pour s’installer sur la place que lui faisait Jérôme et son père sur l’exploitation.

De l’herbe et du soleil dans les fromages

La qualité du fromage commence par la qualité des aliments. L’été, les brebis pâturent entre le causse plus sec et la vallée plus verdoyante en compagnie de quatre gros chiens Patoux pour prévenir les risques de chiens errants et la crainte diffuse du loup et des vautours. L’hiver, c’est du bon foin de luzerne et un peu de sainfoin du causse qui fait le gros de la ration. Les céréales de l’exploitation viennent compléter avec un peu de tourteau de colza pour éviter les risques de présence d’OGM. Si le volume et les proportions ont changé au gré de la demande, Caroline a gardé la même gamme de fromages depuis son installation. Leurs noms marient notre patois avec la petite pointe d’accent marseillais ensoleillé qui reste à Caroline. Le «pitchou » (le petit) est un petit fromage pâteux à peine emprésuré qui fait penser au pélardon de chèvre. Le « Vassalou » (le petit Vassal du nom de Caroline) est une pâte molle à belle croûte fleurie qui devient moelleux suivant l’affinage entre dix et trente jours. Le « Valdo » qui est une déclinaison de la famille des Pérails. La « Brique de l’Espinassou », rectangulaire, peu épaisse et crémeuse, raconte une belle parcelle entourée de chênes centenaires, un petit endroit préservé en face de la ferme. Pour compléter, reste la tome au caractère plus affirmé avec le « Droulet » (le petit enfant) de 220 grammes et le «Petit Pastre » (petit berger) à la pièce en petit format ou d’environ 2 kilos pour la coupe. Plus que la traduction, les dessins sur fond vert des étiquettes, sortis du beau coup de crayon de Caroline vous en diront plus sur la personnalité de chacun pour emporter vos suffrages.

Reste à souhaiter, que dans quelques années, les contraintes, toujours plus prenantes sur l’exploitation, ne dissuadent pas un ou les deux fils de Jérôme et Caroline de poursuivre la belle histoire.

* Extrait du Livre « Des femmes & des hommes une histoire de passion » publié en 2015, en vente à Hyper U Coeur Lozère.