Kadia et Emmanuel Gauzy

Les biscuits de Kadia Gauzy

Une route tortueuse en fond de vallée vous conduit à Altier, haut lieu de production des pommes de Lozère.
A la sortie, une route étroite et pentue monte jusqu’au village de Combret. Juste avant, un petit chemin finit de vous amener chez Kadia et Emmanuel. Pas facile d’arriver mais… quelle vue !

Des artistes artisans

Originaire d’Altier, c’est à Marseille qu’Emmanuel est né. Sculpteur sur pierre, il se déplaçait avec son camion-atelier pour des œuvres de taille importante commandées par des municipalités. C’est ainsi qu’il est venu sculpter « le poing de Thomas » à Altier, avec lequel la commune a gagné le concours du Conseil Général pour le passage à l’an 2000. Voulant retrouver les techniques simples des sculptures en bronze, il est parti plusieurs fois en stage chez un « bronzier » du Burkina Faso, l’oncle de Kadia.

Kadia de son coté, née en Cote d’Ivoire où ses parents ont émigré, séjournait chez cet oncle pour apprendre la bijouterie or et argent. C’est là qu’ils se sont rencontrés. En 2003, ils sont rentrés ensemble, d’abord dans l’Ardèche puis à Altier où Emmanuel avait acquis une parcelle de châtaigneraie.

Au début, chacun vivait de son art puis, comme les commandes de sculptures et les ventes de bijoux subissaient les effets de la crise, Kadia a eu l’idée de se tourner vers une autre sorte de création.

A la saison, elle ramassait des pommes et faisait la cueillette des châtaignes. Un jour, surprise par l’écart entre le prix qui lui était payé et celui affiché en magasin, elle se dit qu’elle pouvait peut-être valoriser sa récolte.

Producteur Coeur Lozère

Kadia et Emmanuel Gauzy • Les biscuits de Kadia Gauzy

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Biscuits et « Bulle »

Dans sa cuisine, Kadia s’est donc essayée à faire des biscuits à la châtaigne. Finalement satisfaite du résultat, le 8 mars 2011, elle s’est déclarée auto-entrepreneur et s’est lancée dans la confection et le commerce de biscuits. Le petit biscuit simple, qu’elle a appelé « kikibelli » a été suivi du « bescuech » (biscuit en provençal) qu’elle a décliné avec des parfums de vanille, cannelle, anis, coco, agrumes et fleur d’oranger. En souvenir de son enfance, Kadia a confectionné les boules de coco et plus récemment diverses friandises. La production se développant, Emmanuel a fabriqué un four plus performant pour les gâteaux, restauré une belle machine plus que centenaire pour mouler les bonbons et inventé un appareil pour couper les berlingots. L’affaire prenant de l’ampleur, Emmanuel, s’est déclaré agriculteur grâce à l’acquisition de nouvelles parcelles de châtaigneraie. La revalorisation de ses terrains a nécessité un bon débroussaillage et l’élevage de quelques moutons en facilite l’entretien. La récolte des châtaignes sur leur propriété, complétée par un peu de cueillette dans les châtaigneraies à l’abandon, fournit la matières première pour l’atelier. Aujourd’hui, un vrai laboratoire, spacieux et bien équipé, permet d’approvisionner la quarantaine de points de vente qui distribuent les produits de La « Biscuiterie de la Chataigneraie ». Plus récemment, pour profiter de l’eau de source du Mont Lozère et valoriser encore les ressources naturelles, une ligne de production de boissons gazeuses a été mise en place. Le résultat est une limonade de terroir naturelle ou parfumée aux sirops bio et huiles essentielles de châtaignes, framboise, myrtille, sureau…fabriqués maison. De 1928 à 1960, il y a eu jusqu’à six fabriques de limonade en Lozère. Grace à Kadia et Emmanuel, il y a maintenant une limonade à Altier, avec le joli nom de « Bulle ».

Le chocolat de la plantation de Kadia

Pour Noël 2013, Kadia est retournée, avec le petit Marius, revoir sa famille en Cote d’Ivoire. Elle en a profité pour aller récolter les cabosses de cacao de la plantation de 6 hectares de son père dont 1 hectare lui revient. Cette plantation sur la côte, vers San Pedro, c’est beaucoup de sueur de Kadia dans sa jeunesse pour planter ces cacaoyers et les arroser. Et voilà que son père lui parle de les arracher pour mettre de l’hévéa plus rémunérateur. L’idée lui vient alors de voir si, comme pour les châtaignes, elle pourrait valoriser cette cacaoyère. Elle ramène donc une vingtaine de kilos de fèves de cacao. Avec Boadicéa, la fille d’Emmanuel, diplômée en pâtisserie, elle fait des essais et elles aboutissent à des carrés de chocolats succulents. Elles les proposent à la dégustation avec cette formule: « Goûtez ces chocolats et dites nous si vous les trouvez bons ! ». En achetant du chocolat en France, elles complètent leur gamme avec des formes et goûts différents tout en créant un gâteau qui marrie la châtaigne et le cacao.

Sur leur joli site internet, on peut découvrir et commander toutes les fabrications de la Biscuiterie de la Châtaigneraie où tout est fait maison. C’est aussi l’occasion de partager l’univers de couleurs et de saveurs d’Emmanuel et Kadia.

* Extrait du Livre « Des femmes & des hommes une histoire de passion » publié en 2015, en vente à Hyper U Coeur Lozère.